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Boire assez l'été à Marseille, sans se forcer

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Une bouteille d'eau aromatisée au citron et à la menthe, entourée de framboises et de citrons coupés

Presque chaque été, à la Pointe Rouge, quelqu'un arrive pour la séance de paddle yoga avec une bouteille tiède oubliée dans un sac depuis la veille, et m'assure sincèrement qu'il n'a pas soif. Une heure plus tard, sur l'eau, la concentration s'effrite et l'équilibre devient n'importe quoi ; la séance se termine sur un mal de tête sourd mis sur le compte du soleil. Le plus souvent, il manquait juste de l'eau.

Je ne vous demanderai pas de boire trois litres par jour parce qu'une infographie l'a décrété. Ce genre de consigne m'agace : elle transforme un besoin physiologique en devoir scolaire, et j'ai vu trop de participantes culpabiliser devant leur gourde à moitié pleine. Je préfère que vous sachiez repérer le moment où votre corps réclame, et que vous ayez deux ou trois habitudes assez bêtes pour tenir une semaine chargée.

Les signes qu'on met sur le dos de la fatigue

La soif est un mauvais premier signal. Elle arrive quand le corps a déjà tapé dans ses réserves, et elle s'émousse avec l'âge, surtout quand on a passé des années à la faire taire. Ce qui se produit avant est bien plus discret, et se range sans hésiter du côté du stress, de la faim ou d'une mauvaise nuit. Dans mes séances, ça se voit sur la coordination et sur la patience : les gens tombent plus souvent de la planche et râlent plus vite.

  • Le coup de barre de seize heures, qui ressemble à une vraie fatigue et cède vingt minutes après un grand verre d'eau.
  • Un mal de tête sourd, frontal, en fin de journée, sans rien à quoi le rattacher.
  • L'envie de grignoter une heure après le déjeuner. Les signaux de soif et de faim se ressemblent énormément, et je m'y suis longtemps trompée.
  • La bouche sèche, les lèvres qui tirent.
  • Des urines foncées et rares : le repère le plus fiable, et celui dont personne n'aime parler.
  • Une récupération qui traîne, des jambes lourdes le lendemain d'une séance pourtant tranquille.

Ce que je bois vraiment dans une journée de juillet

Rien de spectaculaire et rien de chronométré. Un grand verre au réveil, avant le café, parce que la nuit a déjà coûté quelques centaines de millilitres. Ensuite je remplis ma gourde à des moments fixes, en arrivant quelque part, entre deux rendez-vous. Accrocher le verre à un geste qui existe déjà fait tout le travail ; ma volonté n'y est pour presque rien. Les jours de cours sur l'eau, je bois avant de monter sur la planche : la brise sèche la peau au fur et à mesure, la mer donne une fraîcheur trompeuse, et on rentre avec un déficit qu'on n'a pas vu se creuser. Le café et le thé comptent dans la journée, contrairement à ce qu'on entend encore, mais je ne leur confie pas le rôle principal. L'alcool tire dans l'autre sens : le rosé en terrasse réclame son verre d'eau à côté, pas le lendemain matin.

L'eau qu'on mange

Une bonne partie de nos apports ne passe jamais par un verre. La cuisine d'ici aide énormément, et c'est pour ça que je conseille rarement de bouleverser son alimentation en été ; suivre la saison suffit. Concombre, tomate, courgette, melon, pastèque, pêche, salade, fenouil cru, yaourt nature, soupes froides. Une grosse salade de tomates à midi, une tranche de pastèque en rentrant de la plage, quand le sable colle encore aux mollets : ça apporte de l'eau, et aussi les minéraux partis dans la transpiration, ce que l'eau seule ne fait pas.

Je n'ai jamais vu une gourde rattraper à elle seule un été mal mangé.

  1. Un grand verre au réveil, avant toute autre boisson.
  2. La gourde posée bien en vue, sur le bureau ou dans un sac ouvert. Rangée dans un tiroir, elle ne sert à rien.
  3. Un verre accroché à quelque chose que vous faites déjà : chaque repas, chaque retour à la maison.
  4. Deux ou trois verres dans l'heure qui précède une séance en extérieur, étalés, pas avalés au moment de partir.
  5. Un fruit ou un légume gorgé d'eau à chaque repas, et un de plus en collation les jours de canicule.
  6. Un coup d'oeil à la couleur des urines : claires, tout va bien ; franchement foncées, il manque de l'eau.

Le mistral sèche plus vite qu'on ne l'imagine, et sur la Corniche on marche une heure en plein cagnard sans se rendre compte de ce que ça coûte. Alors la semaine prochaine, posez une gourde pleine à côté de vous le matin et essayez de la finir avant le déjeuner. Je ne sais pas si ça marche pour tout le monde. Chez moi, et chez la plupart des gens à qui je l'ai proposé, ça change la tête qu'on a à seize heures.

Écrit par Virginia Philippe, coach bien-être à Marseille. Ces contenus sont des repères de pratique, pas un avis médical : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.

Envie de pratiquer autrement qu'en lisant ? Les séances au bord de l'eau se réservent en petit groupe, et les interventions en entreprise se calent sur votre contexte.

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