Le soupir physiologique : redescendre en deux souffles
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J'enseigne cette respiration avant toutes les autres. Deux inspirations par le nez, une longue expiration par la bouche, dix secondes, et vous pouvez retourner à votre réunion. Je l'ai découverte tard, après des années passées à proposer à des salariés des exercices de dix minutes dont je savais très bien, en rangeant mon matériel, qu'ils ne les referaient jamais chez eux. C'est aujourd'hui la seule chose que je transmets dont je suis à peu près sûre qu'elle sort de la salle avec eux.
Ça porte un nom un peu solennel : le soupir physiologique. Votre corps le fabrique tout seul, plusieurs fois par heure, sans vous demander votre avis. L'exercice consiste simplement à le déclencher quand vous en avez besoin, au lieu d'attendre qu'il arrive de lui-même. En atelier, je commence toujours par là. Si les participants ne gardent qu'un seul geste de la journée, autant que ce soit celui qu'ils s'approprient en une minute.
Vous le faites déjà sans le savoir
Regardez un enfant qui vient de pleurer longtemps. Sa respiration se calme par paliers, avec ces doubles inspirations saccadées, presque des hoquets, suivies d'un long relâchement. Vous faites la même chose la nuit, à intervalles réguliers, et vous n'en saurez jamais rien. Vous le faites aussi en refermant votre ordinateur après une réunion qui a mal tourné : ce soupir qui vous échappe, et que vos collègues prennent pour de l'agacement, est un réglage interne. La physiologie de la respiration décrit ce réflexe et son rôle dans les échanges gazeux. Ce qui me sert en séance est beaucoup plus modeste : le corps connaît déjà le mouvement, je n'ai rien à installer, j'ai juste à le rendre volontaire.
Le geste, en détail
Rien à compter, aucune durée à retenir. Le seul point technique est la deuxième inspiration, que presque tout le monde saute la première fois parce qu'elle a l'air inutile. Elle fait pourtant tout le travail. Prenez le temps de la sentir une fois, assise au calme, avant de l'emporter dans une journée pleine. Sinon vous produirez un gros soupir ordinaire en croyant avoir fait l'exercice, ce qui arrive à la moitié des gens dans mes ateliers.
01Assise ou debout, peu importe. Laissez tomber les épaules, desserrez la mâchoire.
02Inspirez par le nez, calmement, jusqu'aux trois quarts de votre capacité environ. Pas de grande inspiration de plongeur.
03Sans expirer, ajoutez une deuxième inspiration par le nez, courte et vive, posée sur la première comme un petit sursaut.
04Relâchez par la bouche, lèvres à peine entrouvertes, longuement, sans pousser : à peu près deux fois plus long que l'inspiration.
05Une seconde de flottement. Puis recommencez, deux ou trois fois, ça suffit presque toujours.
Pourquoi ça descend si vite
Deux choses arrivent en même temps. La seconde inspiration, brève, va rouvrir de petits sacs d'air qui se sont affaissés au fil des heures passées à respirer court, penchée sur un écran, et l'expiration qui suit évacue mieux. Vient ensuite la longue expiration, qui est la partie qui parle au système nerveux : quand le souffle sort plus longtemps qu'il n'est entré, le rythme cardiaque ralentit et le corps en déduit que rien ne va lui tomber dessus dans la seconde. Dix secondes, quand une méditation assise en demande dix minutes. Je ne vous promets pas une journée sereine ni un caractère adouci, et pour être franche je me méfie de tout ce qui promet ça ; la mode du bien-être vend beaucoup de transformations intérieures à des gens qui voudraient surtout arrêter de serrer les dents à 16 h. Vous descendez d'un cran, tout de suite. Ce cran suffit souvent à ne pas répondre de travers.
Où le glisser dans une journée de travail
Juste avant de prendre la parole, pendant que quelqu'un finit sa phrase.
Entre deux visios, à la seconde où vous raccrochez.
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Écrit par Virginia Philippe, coach bien-être à Marseille. Ces contenus sont des repères de pratique, pas un avis médical : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.
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